Le Raspberry Pi 5 a redéfini les standards de l’informatique monocarte en introduisant des améliorations de performance substantielles, dont une qui retient particulièrement l’attention : un port PCIe. Cette interface ouvre la voie à des extensions à haute vitesse, notamment pour le stockage. Grâce à des solutions ingénieuses et abordables comme le Geekworm X1001, il est désormais possible de connecter un SSD M.2 NVMe pour une somme modique d’environ 16 euros. Cette évolution transforme radicalement l’expérience utilisateur, en reléguant les cartes SD, plus lentes et moins fiables, au rang de simple support d’amorçage temporaire.
Importance du Geekworm X1001 pour le Raspberry Pi 5

Une solution économique pour des performances décuplées
Le principal atout du Geekworm X1001 réside dans son rapport qualité-prix exceptionnel. Pour un investissement minimal, cet adaptateur permet de tirer pleinement parti du port PCIe du Raspberry Pi 5. En y connectant un SSD M.2 NVMe, les vitesses de lecture et d’écriture sont multipliées, ce qui se traduit par un démarrage du système d’exploitation quasi instantané, des applications qui se lancent plus rapidement et une réactivité globale du système grandement améliorée. C’est une mise à niveau essentielle pour quiconque souhaite utiliser son Raspberry Pi 5 pour des tâches exigeantes comme un serveur domestique, une station de travail légère ou un centre multimédia.
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Raspberry Pi 5 (16 Go)
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Raspberry Pi 5 4GB Quad-Core ARMA76 (64 Bits - 2,4 GHz)
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Raspberry Pi 5 8 GB Quad-Core ARMA76 (64 Bits - 2,4 GHz)
Dépasser les limites du stockage par carte SD
L’utilisation d’une carte micro SD comme disque principal a toujours été le talon d’Achille des générations précédentes de Raspberry Pi. Bien que pratiques, ces cartes souffrent de plusieurs limitations :
- Vitesse : Leurs débits sont nettement inférieurs à ceux des SSD, ce qui crée un goulot d’étranglement pour les performances du processeur.
- Fiabilité : Elles ne sont pas conçues pour les cycles d’écriture intensifs d’un système d’exploitation, ce qui peut entraîner une usure prématurée et une corruption des données.
- Capacité : Bien que les capacités aient augmenté, le coût au gigaoctet reste moins avantageux que celui des SSD pour les grands volumes de stockage.
Le passage à un SSD M.2 résout ces trois problèmes d’un seul coup, offrant une solution de stockage à la fois rapide, durable et spacieuse.
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Caractéristiques et installation du module X1001
Le Geekworm X1001 est une carte d’extension, ou « hat », qui se fixe directement sur le Raspberry Pi 5. Il est livré avec la nappe FPC (Flexible Printed Circuit) nécessaire pour se connecter au port PCIe, ainsi que les vis et entretoises pour monter solidement le module et le SSD. L’installation physique est simple et ne requiert aucune soudure. Il suffit de connecter la nappe, de visser le hat sur le Pi, puis d’insérer le SSD M.2 dans son connecteur et de le fixer. Cette simplicité d’installation le rend accessible même aux débutants.
L’adoption d’une telle solution matérielle est la première étape, mais elle doit s’accompagner d’un choix logiciel et matériel judicieux pour garantir une compatibilité et des performances optimales.
Choisir le bon SSD M.2 pour le Raspberry Pi 5

Compatibilité NVMe : le critère non négociable
Il est crucial de comprendre que le port PCIe du Raspberry Pi 5 est compatible uniquement avec les SSD M.2 de type NVMe (Non-Volatile Memory Express). Les SSD M.2 qui utilisent l’interface SATA, bien qu’ayant un connecteur physiquement similaire, ne fonctionneront pas. Le protocole NVMe est conçu pour communiquer directement via les lignes PCIe, offrant des latences très faibles et des débits élevés que le protocole SATA ne peut atteindre. Avant tout achat, il faut donc vérifier que la mention « NVMe » figure bien sur la fiche technique du produit.
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Modèles testés et considérations sur les contrôleurs
Tous les SSD NVMe ne sont pas égaux face au Raspberry Pi 5. Des tests communautaires ont montré que la compatibilité dépend souvent du contrôleur intégré au SSD. Par exemple, les SSD équipés de contrôleurs Phison ont parfois présenté des instabilités. À l’inverse, des modèles comme la gamme EMTEC, disponibles en 128 Go, 256 Go ou 1 To, ont démontré une excellente compatibilité. Il est donc recommandé de se renseigner sur les retours d’expérience avant de finaliser son choix pour éviter toute mauvaise surprise.
Consommation électrique et alimentation
Un autre point de vigilance est la consommation électrique du SSD. Les modèles les plus performants, conçus pour les ordinateurs de bureau, peuvent avoir des pics de consommation qui dépassent ce que l’alimentation standard du Raspberry Pi 5 peut fournir de manière stable. Il est préférable de choisir un SSD réputé pour son efficacité énergétique. L’utilisation de l’alimentation officielle de 27W (5V/5A) est fortement recommandée pour garantir une stabilité parfaite de l’ensemble, surtout lorsque le port PCIe est sollicité.
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Bloc d'alimentation Officiel Raspberry Pi 5 USB-C 27 W, USB-C Power Supply, Blanc
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Une fois le matériel sélectionné et assemblé, la configuration logicielle devient l’étape suivante pour que le Raspberry Pi puisse reconnaître et utiliser ce nouveau périphérique de stockage.
Procédure de mise à jour du firmware du Raspberry Pi 5
L’importance du bootloader (EEPROM)
Pour que le Raspberry Pi 5 puisse démarrer directement depuis un SSD NVMe, son firmware, aussi appelé bootloader ou EEPROM, doit être à jour. Les premières versions du firmware ne prenaient pas en charge cette fonctionnalité ou contenaient des bogues. La fondation Raspberry Pi publie régulièrement des mises à jour pour améliorer la stabilité et ajouter de nouvelles fonctionnalités. Maintenir son firmware à jour est donc une étape préliminaire indispensable.
Mise à jour via Raspberry Pi OS
La méthode la plus simple pour mettre à jour le firmware est de démarrer le Raspberry Pi 5 à partir d’une carte SD sur laquelle est installé la dernière version de Raspberry Pi OS. Une fois le système démarré, ouvrez un terminal et exécutez les commandes suivantes :
- sudo apt update : pour mettre à jour la liste des paquets disponibles.
- sudo apt full-upgrade : pour installer toutes les mises à jour, y compris celles du firmware.
Après un redémarrage, le nouveau firmware sera actif. Vous pouvez vérifier la version en cours avec la commande vcgencmd bootloader_version.
Avec un firmware à jour, il est temps de dire au système d’exploitation d’activer et d’utiliser le port auquel le SSD est physiquement connecté.
Activer et configurer le port PCIe sur le Raspberry Pi 5
Activation manuelle dans le fichier de configuration
Par défaut, pour des raisons de compatibilité et d’économie d’énergie, le port PCIe du Raspberry Pi 5 n’est pas toujours activé. Pour l’activer, il faut modifier le fichier de configuration système. Ce fichier se trouve à l’emplacement /boot/firmware/config.txt. Ouvrez ce fichier avec un éditeur de texte en mode superutilisateur, par exemple : sudo nano /boot/firmware/config.txt. Ajoutez la ligne suivante à la fin du fichier : dtparam=pciex1 Enregistrez les modifications et redémarrez le Raspberry Pi. Au redémarrage, le système d’exploitation devrait détecter le périphérique connecté au port PCIe.
Configuration de la vitesse du lien PCIe
Le port PCIe du Raspberry Pi 5 peut fonctionner en mode Gen 2.0 ou Gen 3.0, ce dernier offrant des débits théoriques deux fois plus élevés. Pour des raisons de stabilité, le système peut se limiter par défaut à la Gen 2.0. Pour forcer l’utilisation de la Gen 3.0 et maximiser les performances, vous pouvez ajouter la ligne suivante au même fichier config.txt : dtparam=pciex1_gen=3 Il est conseillé de n’activer cette option qu’après avoir vérifié que le système est stable en Gen 2.0, car elle peut être plus exigeante en termes d’alimentation et de qualité du signal.
Maintenant que le SSD est reconnu par le système, l’étape finale consiste à y installer le système d’exploitation pour en faire le disque de démarrage principal.
Installer le système d’exploitation sur le SSD M.2

Utiliser l’outil Raspberry Pi Imager
L’outil officiel Raspberry Pi Imager est la solution la plus simple et la plus fiable. Il offre deux approches principales. La première consiste à utiliser la fonction « Copier l’OS » directement depuis un Raspberry Pi en fonctionnement sur sa carte SD. Cet outil clonera l’intégralité du système de la carte SD vers le SSD NVMe. La seconde approche, si vous partez de zéro, est de connecter le SSD à un autre ordinateur (via un adaptateur USB vers M.2) et d’utiliser Raspberry Pi Imager pour flasher l’image de Raspberry Pi OS directement dessus.
Modifier l’ordre de démarrage
Une fois le système d’exploitation présent sur le SSD, il faut indiquer au Raspberry Pi de démarrer dessus en priorité. Cela se configure dans les paramètres de l’EEPROM via l’outil raspi-config. Lancez-le avec sudo raspi-config, allez dans « Advanced Options » puis « Boot Order » et sélectionnez « NVMe/PCIe boot » comme première option. Après un dernier redémarrage sans la carte SD, le Raspberry Pi 5 devrait démarrer directement depuis votre SSD ultra-rapide.
Le système est désormais opérationnel sur son nouveau support. Il ne reste plus qu’à quantifier le gain de performance et à s’assurer que tout est optimisé.
Optimisations et tests de performance du SSD sur Raspberry Pi 5
Mesurer le gain de performance
Pour objectiver l’amélioration, plusieurs outils de benchmark peuvent être utilisés. L’utilitaire de diagnostic intégré au Raspberry Pi OS (accessible via le menu principal) inclut un test de vitesse de stockage. Pour des mesures plus détaillées en ligne de commande, des outils comme hdparm ou le script `pibench` peuvent fournir des chiffres précis sur les débits séquentiels et les opérations d’entrée/sortie par seconde (IOPS).
Comparatif des vitesses : un monde d’écart
Les résultats des tests sont sans appel et illustrent parfaitement l’intérêt de la migration. Le tableau ci-dessous présente des ordres de grandeur typiques des performances que l’on peut attendre.
| Type de stockage | Vitesse de lecture séquentielle | Vitesse d’écriture séquentielle |
|---|---|---|
| Carte micro SD (Classe 10) | ~ 40 Mo/s | ~ 20 Mo/s |
| SSD M.2 NVMe (PCIe Gen 2) | ~ 450 Mo/s | ~ 450 Mo/s |
| SSD M.2 NVMe (PCIe Gen 3) | ~ 850 Mo/s | ~ 800 Mo/s |
Penser à l’optimisation TRIM
Pour maintenir les performances d’écriture d’un SSD sur le long terme, il est important que le système d’exploitation supporte la commande TRIM. Cette fonction permet au système d’informer le SSD des blocs de données qui ne sont plus utilisés, lui permettant de les effacer en interne et d’éviter une dégradation des performances lors des futures opérations d’écriture. Raspberry Pi OS active généralement le TRIM par défaut pour les SSD reconnus, mais il est bon de le vérifier avec la commande sudo systemctl status fstrim.timer.
L’ensemble de ces étapes, de l’installation matérielle à l’optimisation logicielle, transforme le Raspberry Pi 5 en une machine nettement plus puissante et agréable à utiliser au quotidien.
En somme, l’association du Raspberry Pi 5 avec un SSD M.2 via l’adaptateur Geekworm X1001 représente une avancée majeure. Pour un coût dérisoire, cette solution élimine le principal goulot d’étranglement des générations précédentes et libère le plein potentiel du nouveau processeur. La procédure, bien que nécessitant quelques manipulations logicielles comme la mise à jour du firmware et la configuration du démarrage, reste accessible et très bien documentée. Le gain en vitesse, en réactivité et en fiabilité fait de cette mise à niveau un choix quasi indispensable pour tout utilisateur souhaitant exploiter sérieusement son Raspberry Pi 5, que ce soit pour des projets personnels ou des applications plus professionnelles.

